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Deuil et succession : le guide pratique pour les familles

📅 12 mai 2026 ⏱ 12 min de lecture Par Élise Rocher

Quand un proche décède, les démarches administratives arrivent en même temps que le choc — et il faut souvent agir vite sur certains points pendant que d'autres peuvent attendre plusieurs mois. Ce guide liste, dans l'ordre, ce qu'il faut faire dans les premières 24 heures, la première semaine, puis pour la succession et les aides financières.

Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis d'un notaire pour les situations complexes (bien immobilier, héritiers multiples, dettes). En cas de doute, une première consultation chez un notaire est souvent gratuite.

Les premières 24 heures — ce qui est urgent

1. Faire constater le décès

Si le décès survient à domicile, il faut appeler un médecin pour établir le certificat de décès. S'il survient à l'hôpital ou en maison de retraite, l'établissement se charge de cette démarche.

2. Choisir une entreprise de pompes funèbres

Vous n'êtes pas obligé de choisir l'entreprise proposée par l'hôpital ou la maison de retraite. Comparez plusieurs devis : depuis juillet 2025, les pompes funèbres doivent présenter leurs devis dans un format standardisé (8 rubriques, prestations obligatoires distinguées des options), ce qui facilite la comparaison. L'écart de prix entre deux établissements pour des prestations identiques peut dépasser 40 % (source : comparateurs funéraires professionnels) — ne signez pas le premier devis venu.

3. Déclaration de décès à la mairie

À faire dans les 24h ouvrées à la mairie du lieu de décès, muni du certificat médical et du livret de famille du défunt. On vous remet plusieurs copies de l'acte de décès — demandez-en plusieurs exemplaires, vous en aurez besoin pour chaque organisme à prévenir (banque, employeur, caisses de retraite, assurances…).

La première semaine — démarches prioritaires

DémarcheDélaiOù s'adresser
Déclarer le décès à la banqueDès que possibleAgence bancaire du défunt
Informer l'employeurDans la semaineSi le défunt était salarié
Prévenir la CAFDans le moiscaf.fr ou par courrier
Prévenir la CPAMDans le moisameli.fr
Informer la caisse de retraiteDans le moislassuranceretraite.fr
Résilier les abonnementsDans les 2 moisChaque prestataire

La succession — les grandes étapes

Qui hérite sans testament ?

En l'absence de testament, la loi française organise la succession par ordre de priorité : les enfants et leurs descendants en parts égales, puis le conjoint survivant (en usufruit ou en pleine propriété selon les situations), puis les parents du défunt s'il n'y a pas d'enfants, puis les frères et sœurs s'il n'y a ni enfants ni parents.

Avec ou sans notaire ?

Le notaire est obligatoire si la succession comprend un bien immobilier, s'il existe un testament ou une donation entre époux, ou si l'actif successoral dépasse 5 965 € — seuil en vigueur depuis le 1er janvier 2026, contre 5 000 € auparavant (source : service-public.fr). En dessous de ce seuil, sans immobilier ni testament, les héritiers peuvent régler la succession entre eux avec une attestation sur l'honneur.

Les droits de succession

En ligne directe (enfant ↔ parent), l'abattement est de 100 000 € par enfant et par parent, et ces seuils sont gelés jusqu'à fin 2028 (source : service-public.fr). Au-delà de cet abattement, le barème progressif démarre à 5 % jusqu'à 8 072 €, puis 10 % jusqu'à 12 109 €, et grimpe ensuite par tranches. Dans les faits, la grande majorité des successions en ligne directe restent sous l'abattement et ne sont donc pas taxées.

Aides financières à connaître

Capital décès de la Sécurité sociale

Si le défunt était salarié ou demandeur d'emploi indemnisé, la CPAM verse aux ayants droit un capital décès. Depuis une réforme de 2015, ce n'est plus un pourcentage du salaire mais un montant forfaitaire, revalorisé chaque année : 4 009 € au 1er avril 2026 pour les salariés du régime général (source : ameli.fr). Attention aux délais : les bénéficiaires prioritaires (personnes à la charge effective et permanente du défunt au jour du décès) doivent faire la demande dans le mois suivant le décès ; les autres ayants droit disposent de 2 ans, au-delà desquels le droit est perdu.

Pension de réversion

Le conjoint survivant peut toucher une partie de la retraite du défunt, mais ce n'est pas automatique : il faut avoir été marié au défunt (le concubinage et le PACS n'ouvrent pas ce droit), avoir au moins 55 ans, et respecter un plafond de ressources. Sous ces conditions, la pension de réversion du régime général correspond à 54 % de la retraite de base du défunt (source : lassuranceretraite.fr). La demande est à faire auprès de chaque caisse de retraite ayant versé une pension au défunt.

Aide aux obsèques de la CAF

Certaines caisses d'allocations familiales accordent une aide financière pour les obsèques dans les situations de précarité. Le montant et les conditions varient selon la CAF : renseignez-vous directement auprès de votre caisse locale.

Organiser des obsèques sans se ruiner

Le coût moyen des obsèques en France se situe généralement entre 3 500 € et 5 500 € pour une inhumation, et entre 2 000 € et 4 000 € pour une crémation — la crémation revenant en moyenne 15 à 25 % moins chère, notamment parce qu'elle évite les frais de concession longue durée (source : observatoires funéraires professionnels). Ces montants varient fortement selon la région : à prestations égales, comptez sensiblement plus cher en Île-de-France qu'en zone rurale. Des économies restent possibles sans renoncer à la dignité de la cérémonie :

Ressources utiles : notaires.fr pour trouver un notaire près de chez vous (première consultation souvent gratuite) · service-public.fr pour toutes les démarches officielles après un décès · ameli.fr pour la demande de capital décès en ligne.

❓ Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour faire la déclaration de succession ?

6 mois si le décès a lieu en France métropolitaine, 12 mois s'il a lieu à l'étranger (source : service-public.fr). Passé ce délai, des intérêts de retard s'ajoutent aux droits éventuels.

Le notaire est-il obligatoire pour toutes les successions ?

Non. Il devient obligatoire en présence d'un bien immobilier, d'un testament, ou si l'actif successoral dépasse 5 965 € (seuil au 1er janvier 2026). En dessous, les héritiers peuvent régler la succession entre eux.

Quel est le montant du capital décès versé par la Sécurité sociale ?

Un montant forfaitaire de 4 009 € au 1er avril 2026 (source : ameli.fr). Délai de demande : 1 mois pour les bénéficiaires prioritaires, 2 ans pour les autres ayants droit.

Le conjoint survivant touche-t-il automatiquement une pension de réversion ?

Non : conditions de mariage, d'âge (55 ans minimum) et de ressources s'appliquent. Sous ces conditions, elle représente 54 % de la retraite de base du défunt au régime général (source : lassuranceretraite.fr).

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